N°4 : Le CJL attaque la Chauve-souris au bulldozer

mercredi 25 mars 2009 par catwomen

Ce lundi 23 mars aux alentours de 8h, des responsables de l’asbl CJL, accompagné d’un huissier de justice et d’une pelleteuse de l’entreprise de Herstal "De Nicolo & fils" ont attaqué le Centre Social Occupé La Chauve-souris.

Une dizaine de personnes logeaient dans le bâtiment quand les responsables du CJL, propriétaires du lieu, ont donné l’ordre à la pelleteuse de détruire le bâtiment. La pelleteuse a méthodiquement détruit toutes les fenêtres de la moitié gauche de la façade, mettant notamment en danger la vie d’une personne qui dormait derrière une vitre de 5 mètres carrés.

Les habitants sont immédiatement sortis pour empêcher la pelleteuse de continuer la destruction du bâtiment. Ils ont été violemment pris à parti par les responsables du CJL présents sur place. Les habitants ont dû appeler la police pour éviter que la situation ne dégénère.

Le Centre Social Occupé La Chauve-Souris est ouvert depuis début octobre, le bâtiment était vide depuis trois ans et demi. Des gens vivent sur place et un collectif organise des activités. Des soirées, des projections de films et des ateliers de danse se déroulent régulièrement depuis l’ouverture. La Chauve-souris sert également de lieu de réunions pour différents collectifs, d’hébergement pour des gens de passage, de lieu de rencontre et d’espace d’expression pour de jeunes artistes.

En octobre, les occupants avaient fait une demande de conciliation en justice, refusée par le CJL, comme toutes les tentatives de discussion initiées par le collectif. Depuis le mois de janvier, une procédure en justice de paix est en cours. Initiée par le CJL pour "occupation illégale de bâtiment", cette procédure comprend un calendrier juridique dont le verdict sera rendu le 22 septembre. Au-delà de la mise en danger des habitants, les responsables du CJL savaient donc pertinemment que leur action de démolition de ce matin était illégale, au regard même de la procédure qu’ils ont lancé.

Nous notons que l’attitude de la police a été particulièrement déplacée. En plus des remarques sur la responsabilité des occupants, les policiers n’ont rien trouvé de mieux que de contrôler les identités des habitants et d’arrêter un d’entre eux qui refusait de donner sa carte d’identité avant l’arrivé de l’avocat. Ils ont également refuser de prendre les auditions et les plaintes des occupants. Par contre, le conducteur de la grue et les responsables du CJL sont partis

Aujourd’hui notre centre social est éventré, la moitié du bâtiment est à l’air libre. Le magasin gratuit et un espace de discussion sont inutilisables, une dizaine de plantes et des semis ont été cassés. Nous sommes choqués de l’agression que nous venons de subir. Les pratiques du CJL dont nous avons été victimes aujourd’hui ont beaucoup plus avoir avec des pratiques maffieuses qu’avec des pratiques d’une simple asbl. Ce que nous avons expérimenté aujourd’hui c’est un fascisme ordinaire où des propriétaires, sûrs de leur bon droit, décident de détruire un lieu de vie et d’échanges en mettant en danger la vie de plusieurs personnes. Que les auteurs de ces actes prétendent être des acteurs impliqués socialement démontre bien que les idées générales sur le fascisme passé ou loin d’ici sont tout à fait compatibles avec des pratiques nauséabondes au quotidien. Nous combattons les fascismes par-delà les frontières, nous le combattrons aussi chez nous, dans notre vie, et nous continuerons à vivre notre lieu et à le défendre.

On ne chasse pas la chauve-souris au bulldozer !

No Pasaran !


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